Vieillir en ville moyenne ou en région métropolitaine. Quel rôle pour l’aménagement urbain? - Société d'habitation du Québec

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Vieillir en ville moyenne ou en région métropolitaine. Quel rôle pour l’aménagement urbain?

Le vieillissement de la population du Québec fait émerger de nombreux défis sociaux, économiques et de santé publique. C’est pour répondre à ces défis que le Fonds de recherche du Québec – Société et culture, en partenariat entre autres avec la SHQ, s’est engagé à financer cette étude.

Cette recherche a été menée par Mme Paula Negron Poblete, docteure en aménagement du territoire, en partenariat avec l’Université de Montréal. Le rapport final a été déposé en septembre 2017.

Cette étude fait ressortir des mesures à mettre en place pour améliorer l’expérience du vieillissement des aînés dans différents milieux résidentiels au Québec. Elle cherche des solutions aux défis d’aménagement que posent les différents milieux de vie et formes résidentielles en vue d’accroître la capacité des personnes âgées à vieillir de manière autonome et active.

Objectifs de l’étude

Cette recherche avait pour principal objectif de déterminer dans quelle mesure les différents types d’environnements urbains sont favorables à l’expérience du vieillissement des personnes âgées en fonction de différents modes de vie. Trois objectifs précis étaient ciblés :

  • Connaître les types de milieux (métropolitains ou ruraux) et les formes résidentielles (vieillissement sur place, résidence avec services, communauté vieillissante spontanée) où se concentrent les personnes âgées;
  • Établir les caractéristiques morpho-fonctionnelles des environnements résidentiels « choisis » par les aînés;
  • Faire ressortir la complexité des interventions requises pour aménager des environnements urbains favorisant l’autonomie et le vieillissement actif.

Faits saillants

Les défis d’aménagement que posent différents environnements

Les milieux ruraux – à l’exception des cœurs de villages, qui se comparent aux milieux urbains – et les secteurs pavillonnaires en milieux métropolitains (constitués d’ensembles résidentiels unifamiliaux peu denses) ont été identifiés comme présentant une offre résidentielle peu diversifiée et des enjeux de mobilité importants. Les personnes âgées qui y résident sont fortement dépendantes de leur voiture et de leur famille pour leurs déplacements et, conséquemment, pour socialiser et mener une vie active. Les personnes âgées vivant en milieux ruraux ou dans des secteurs pavillonnaires ont toutefois moins l’impression d’être stigmatisées et isolées.

Les autres secteurs du milieu métropolitain (secteurs constitués principalement d’immeubles à appartements et de copropriétés) sont pour leur part caractérisés par une offre variée, que ce soit en termes de lieux de résidence ou de lieux à fréquenter. Ils offrent également plusieurs gammes de résidences pour personnes âgées dans une variété de localisations différentes, en plus d’une meilleure accessibilité aux services et des déplacements à pied plus aisés.

Les critères du choix résidentiel des personnes âgées et du vieillissement actif

Selon leur milieu de vie, certaines personnes âgées ont la possibilité de maintenir un mode de vie actif en plus d’avoir des occasions de socialisation, tandis que d’autres doivent s’en remettre exclusivement aux activités des résidences, ou encore au confinement à domicile par manque d’un réseau social ou familial. C’est pourquoi les critères qui suivent sont parmi les plus importants lorsque vient le temps de choisir une résidence. Ils constituent par ailleurs la clé d’un vieillissement actif et autonome :

  • Une grande marchabilité de l’environnement;
  • Une accessibilité aux services de proximité accrue;
  • Une vitalité socioéconomique appréciable.

Les enjeux d’aménagement

Cette étude fait état de divers enjeux entourant le vieillissement des aînés sous l’angle de l’aménagement et de l’urbanisme, mais aussi sur le plan du développement régional :

  • La continuité des espaces de proximité illustre la nécessité d’offrir une continuité des parcours afin de faciliter la marchabilité des territoires et des quartiers.
  • Le type de milieux (métropolitains ou ruraux) a un impact principalement sur la mobilité, c’est-à-dire sur les options de déplacement des personnes âgées.
  • La liberté de choix résidentiel chez les aînés implique aussi un enjeu de disponibilité des logements avec services et des résidences pour aînés.

Conclusion

La recherche a permis de déterminer les caractéristiques de l’environnement urbain susceptibles de faciliter le maintien des aînés québécois dans leur milieu de vie habituel. Outre leur état de santé, la localisation et la disponibilité des résidences et des logements avec services sont des enjeux qui limitent leur liberté de choix résidentiel.

De plus, il a été possible de dresser un portrait des divers éléments qui contribuent au développement des significations du chez-soi chez les personnes âgées; il existe une multitude de types d’habitation pour les aînés, et la possibilité de choisir pour répondre le mieux à ses besoins spécifiques en est un important.

Cette étude a aussi permis de connaître les contraintes des personnes âgées liées à l’environnement et à l’accessibilité aux services. En ce sens, l’équipe de recherche recommande aux gouvernements d’adapter l’aménagement urbain et le transport collectif ainsi que de mieux encadrer la localisation des nouvelles résidences avec services pour faciliter les déplacements des personnes âgées.

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